Avec mes collègues sénateurs d’Ille-et-Vilaine, j’ai rencontré aujourd’hui les représentants du MEDEF 35 au Sénat.
La situation est difficile pour les entreprises. Les risques géopolitique, sécuritaire et économique pèsent sur le moral des dirigeants bretons, et les chiffres le confirment : seulement 12 % des chefs d’entreprise bretons prévoient une hausse de leur activité, soit une chute de 8 points en l’espace de six mois. Ce contexte donne une acuité particulière aux échanges que nous avons eus.
Des sujets concrets, des attentes légitimes
Les représentants du MEDEF 35 ont porté plusieurs sujets qui me préoccupent également.
Sur le versement de mobilité régionale, les entreprises ont défendu avec cohérence une alternative, une taxe de séjour additionnelle plutôt qu’un prélèvement sur la masse salariale. Je comprends leur amertume : la solution qu’ils proposaient était plus juste, car elle faisait contribuer les visiteurs plutôt que les employeurs. La bataille n’est pas terminée, un projet de loi sur les transports devrait offrir une nouvelle opportunité d’en débattre.
Sur l’éco-taxe, j’ai rappelé la vigilance nécessaire : nous avons obtenu, ensemble, la modification de l’article 32 de la loi Climat et Résilience pour éviter son retour en Bretagne. Mais la partie 2.2 de cette loi permet à la Communauté européenne d’Alsace de la mettre en place, avec un risque d’extension par capillarité aux territoires limitrophes. Nous devons rester mobilisés.
Ce que je retiens
Le monde économique et le monde politique ne se comprennent pas toujours. Mais ils ont besoin l’un de l’autre. Les entreprises créent de la valeur, de l’emploi, de la cohésion territoriale et elles ont le droit d’être entendues, pas seulement sollicitées quand il s’agit de lever de nouvelles taxes.
Ce dialogue, nous devons le cultiver avec constance, sans angélisme et sans manichéisme. Économie et écologie ne sont pas condamnées à s’opposer. Compétitivité et transition peuvent avancer ensemble, à condition de se parler franchement, comme nous l’avons fait aujourd’hui.


