Cet après-midi, j’ai participé à l’Hôtel de Ville de Saint-Malo à l’Assemblée générale extraordinaire du Collectif des Maires des Bords de Rance. Une réunion marquante, qui a abouti à une décision forte : engager une action juridique commune.

Un problème ancien, une urgence croissante

Depuis la fermeture de l’estuaire en 1961 et la mise en service du barrage marémoteur en 1966, la Rance s’envase à raison de 120 000 à 140 000 mètres cubes de sédiments chaque année. Cela fait plus de 60 ans que contrats, missions, programmes et rapports s’enchaînent, en vain.

Ce phénomène affecte la navigation et l’accès aux mouillages, la baignade, et pourrait déboucher sur des modifications durables des surfaces naturelles de l’estuaire. Ce sont les usages, les activités, les paysages et la biodiversité d’un territoire exceptionnel qui sont en jeu.

Après des années à accompagner l’État et EDF dans leurs plans de gestion, les maires des bords de Rance réclament aujourd’hui que l’État et EDF assument pleinement leurs responsabilités. Le programme expérimental de gestion des sédiments, mené entre 2018 et 2023, a permis d’extraire 109 300 mètres cubes de sédiments et d’évaluer les leviers prioritaires à conduire dans un plan de gestion pérenne. Mais ce plan pérenne, pourtant jugé indispensable par les experts et réclamé par les élus, n’est toujours pas là. L’État n’apporte pas de réponse.

Une mobilisation qui franchit une nouvelle étape

Aujourd’hui, les maires ont voté en faveur de l’engagement d’une action juridique commune. C’est une décision sérieuse, mûrement réfléchie, qui traduit l’épuisement de la patience des élus face à l’absence de réponse claire de l’État. Quand le dialogue institutionnel ne suffit plus, la voie juridique devient un levier légitime pour faire valoir les droits des communes et de leurs habitants.

J’étais à leurs côtés pour réaffirmer l’importance d’une réponse solide de l’État, et pour leur signifier que je continuerai à porter ce dossier au Sénat avec attention et détermination. La Rance mérite mieux que des décennies de rapports sans suite.