Ce lundi, au Couvent des Jacobins à Rennes, j’ai participé aux Rencontres nationales de la librairie 2026, à l’occasion d’un atelier consacré à l’avenir des politiques publiques en faveur du livre et des librairies.
Aux côtés de Laure Darcos, sénatrice, de Régine Hatchondo, présidente du Centre national du livre, de Nicolas Georges, directeur du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture, de Sophie Noël, présidente de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture, et de Guillaume Robic, conseiller régional de Bretagne, nous avons échangé sur les défis auxquels est confrontée aujourd’hui toute la filière du livre.
Une situation préoccupante
Les constats présentés lors de cet atelier sont préoccupants. Les librairies connaissent une dégradation de leur situation économique, les aides publiques diminuent dans plusieurs territoires et le recul de la lecture se confirme. En quelques années, plusieurs millions de lecteurs se sont éloignés du livre.
Ces évolutions ne sont pas seulement des sujets économiques. Elles interrogent notre capacité collective à transmettre les savoirs, à favoriser l’esprit critique et à maintenir un accès de proximité à la culture sur l’ensemble du territoire.
Défendre un modèle culturel unique
J’ai rappelé à cette occasion mon attachement au modèle culturel français. Ce modèle repose sur un équilibre précieux entre l’initiative privée, la création, le soutien public et des dispositifs de régulation qui ont fait leurs preuves, comme le prix unique du livre.
Nos librairies indépendantes constituent l’un des piliers de cet écosystème. Elles jouent un rôle culturel, éducatif et démocratique irremplaçable. Elles permettent la diversité des œuvres, la découverte des auteurs et l’animation de nos centres-villes et de nos territoires.
Fragiliser l’un des maillons de cette chaîne, c’est prendre le risque d’affaiblir l’ensemble du secteur.
La lecture, un enjeu démocratique majeur
Au-delà des questions budgétaires, c’est la place de la lecture dans notre société qui doit nous mobiliser.
Je suis convaincue que le recul de la lecture constitue un défi démocratique majeur. Lire, c’est développer son imaginaire, sa capacité de réflexion et son esprit critique. Dans une société traversée par les fractures, les polarisations et la circulation massive de l’information, la lecture demeure un outil essentiel d’émancipation.
C’est pourquoi les politiques publiques en faveur du livre ne doivent pas être considérées comme une variable d’ajustement budgétaire, mais comme un investissement pour l’avenir.
Poursuivre le combat
Au Sénat, je continuerai à défendre les dispositifs qui permettent de soutenir les auteurs, les éditeurs, les bibliothèques et les librairies. Je continuerai également à porter les sujets liés à la régulation du numérique, à la protection du droit d’auteur et à la préservation de la diversité culturelle.
Le livre est bien plus qu’un marché. Il est un bien commun.
Et dans la période que nous traversons, nous avons plus que jamais besoin de lecture, de culture et de lieux où la pensée peut circuler librement.



