La ministre de la culture brutalise le parlement comme elle brutalise l’audiovisuel public. Moins de 24h pour amender le texte en commission ; moins d’une semaine pour l’analyser d’ici le passage en séance publique. Est-ce vraiment sérieux quand il s’agit de transformer le modèle de gouvernance des médias publics, enjeu majeur aux lourdes conséquences sur notre vie démocratique ?

Créer une holding qui regroupera France Télévisions, Radio France et l’INA – Institut national de l’audiovisuel est particulièrement dangereux dans le contexte budgétaire actuel : c’est offrir sur un plateau l’instrument parfait pour réaliser des économies et diminuer le nombre de journalistes.

Surtout, au fil de la discussion, nos inquiétudes se renforcent : 

– un PDG unique aux très larges prérogatives ;

– fait nouveau, un directeur de l’information unique, ce qui menace l’indépendance, le pluralisme de l’information et la liberté éditoriale ;

– une stratégie qui tend vers le tout numérique au détriment de l’information de proximité et du travail de terrain auquel nous sommes attachés ;

– enfin, un média radio qui ne dispose d’aucune assurance sur son avenir et sa place dans cette suprastructure.

Au fond, ce projet méconnaît complètement la réalité des médias publics, de leurs missions et des métiers qui s’y rattachent. L’uniformisation prônée va à l’encontre de la diversité qui fait la richesse et la force de l’audiovisuel public. Ce dont il a besoin, c’est d’un budget accru et prévisible pour gagner la véritable bataille : celle des contenus. En somme, c’est faire l’exact inverse de ce que font le gouvernement et la majorité sénatoriale depuis plusieurs années, raboter toujours plus les ressources qui lui sont affectées.

L’audiovisuel public est un actif stratégique. Il est temps d’en prendre conscience.