Clap de fin brutal au Sénat pour la proposition de loi sur l’audiovisuel public, qui résume bien le parcours chaotique de ce texte.
Ce matin, la ministre de la culture a utilisé le 49-3 sénatorial, à savoir le vote bloqué, empêchant tout réel débat sur la PPL. Motif ? La gauche aurait fait de « l’obstruction » ; de l’obstruction avec 350 amendements, vraiment ?
Oui, les prises de parole ont été nombreuses, mais pourquoi ? Parce que le débat n’a pas eu lieu à l’Assemblée nationale ; parce que les questions sont multiples sur ce projet de holding regroupant France Télévisions, Radio France, INA – Institut national de l’audiovisuel et initialement France Médias Monde dans un contexte budgétaire dégradé ; parce que tout simplement, nous voulions connaître les arguments et la vision de la ministre.
Malheureusement, elle ne voulait pas débattre et la majorité sénatoriale, plutôt mal à l’aise avec ce texte, non plus. Résultat, un énième déni démocratique qui, par-delà le sujet essentiel de l’audiovisuel public, interroge sur le traitement du Parlement et sur la place que nous voulons lui accorder dans notre République. Comme l’a dit mon collègue Pierre Ouzoulias, « des vents mauvais soufflent ». Cette brutalisation du débat parlementaire en est une preuve éloquente.
Face à ce coup de force radical, avec les collègues du Groupe Socialiste, Écologiste et Républicain du Sénat, du Groupe Écologiste au Sénat et du GROUPE COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN, nous avons pris la lourde décision de quitter l’hémicycle.
Plus que jamais, nous continuerons à combattre ce projet qui, avec la complicité du Rassemblement national, ne fera qu’affaiblir l’audiovisuel public.
Nous, nous n’avons pas besoin de dire à l’audiovisuel public ce qu’il doit être ; nous, nous respectons son indépendance.
