« ASILE ET IMMIGRATION : TOUCHER LE FOND ET CREUSER ENCORE »

Au soir de son élection pour un second mandat présidentiel, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il avait été élu « pour faire barrage à l’extrême-droite », lançant dans l’emphase « ce vote m’oblige ». Ce temps est révolu.

Plutôt que d’abdiquer, le Président de la République, le Gouvernement et une grande partie de la majorité ont préféré accepter le baiser mortel du RN. Les compromissions, nombreuses, sont autant de reprises du programme de Marine Le Pen : remise en cause du droit du sol, instauration de la préférence nationale dans l’attribution des aides sociales y compris lorsque les étrangers sont en situation régulière, mise en place d’une caution financière pour les étudiants étrangers, réforme de l’aide médicale d’État à venir etc.

Les conséquences seront dramatiques. Outre les pénuries de main d’œuvre qui vont s’accentuer dans de nombreux secteurs, l’attractivité de notre pays va en pâtir, comme l’ont immédiatement souligné les présidents d’université. Nous allons perdre en compétences et en talents. En parallèle, ces mesures vont créer des trappes à pauvreté supplémentaires : à l’intégration par le travail, le RN, avec à sa remorque les LR et désormais la Macronie, y ont substitué la précarisation des travailleurs étrangers. Comme il sera plus simple de les stigmatiser par la suite !

Si nous n’attendions plus rien des parlementaires LR sur le sujet de l’immigration, trop concentrés à gagner leur course à l’échalote avec le RN, nous ne pouvons que constater avec effroi l’effondrement du barrage républicain en terre macroniste. L’ultime tentative de ne pas sombrer est révélatrice de l’hypocrisie : ne pas prendre en compte les voix du RN lors du vote final du texte, tout en reprenant et en votant leurs mesures, quelle honte !

À l’extrême-droitisation des opinions répond désormais l’extrême-banalisation du RN dans le champ politique, qui a désormais atteint jusqu’à l’Élysée. C’est une très mauvaise nouvelle pour notre pays, qui ne peut conduire qu’à l’affaiblissement durable de la France et à la violation des principes qui fondent notre République et nos droits fondamentaux.